Réponse aux détracteurs
Jonathan
Sarfati
Première publication dans la revue:
Creation Ex Nihilo Technical Journal 12(1):
20–22,1998
Un certain nombre de sceptiques posent cette question. Mais Dieu
étant, par définition, le créateur non
créé de l’univers, la question «Qui a créé
Dieu ?» est donc illogique, tout comme celle-ci : «Qui est
l’épouse du célibataire?»
Une personne plus avertie poserait la question de cette manière: «Si l’univers nécessite une cause, alors pourquoi
Dieu n’en nécessite-il pas une ? Et si Dieu ne nécessite
pas de cause, alors, pourquoi l’univers en nécessiterait
une ?» En réponse, les chrétiens tiennent le
raisonnement suivant :
Tout ce qui a un commencement a une cause.1
L’univers a un commencement.
Il s’ensuit que l’univers a une cause.
Il est important de mettre l’accent sur les mots en caractères
gras. L’univers exige une cause parce qu’il eut un
commencement, comme on le montrera ci-dessous. Dieu, contrairement
à l’univers, n’a pas eu de commencement,
il ne nécessite donc aucune cause. En outre, la relativité
générale d’Einstein, qui jouit d’un soutien
expérimental important, montre que le temps est lié
à la matière et à l’espace. Donc, le
temps lui-même aurait commencé en même temps
que la matière et l’espace. Puisque Dieu est, par définition,
le créateur de l’univers entier, il est le créateur
du temps. Par conséquent, il n’est pas limité
par la dimension de temps qu’Il a créé et donc
n’a pas de commencement dans le temps – Dieu est
‘le Très-Haut, dont la demeure est éternelle’ (Ésaïe
57.15). Par conséquent, Il n’a pas de cause.
Par contraste, il y a de bonnes raisons de penser que l’univers
a eu un commencement. On peut le montrer par les lois de la thermodynamique
qui sont les plus fondamentales des sciences physiques.
- 1er principe : La quantité totale de
l’energie-masse dans l’univers est constante.
- 2e principe : la quantité d’énergie
disponible pour le travail s’épuise ou l’entropie
augmente au maximum.
Si la quantité totale de l’énergie-masse est
limitée et que la quantité d’énergie utilisable
diminue, alors l’univers n’a pas pu exister depuis toujours,
sinon il aurait déjà épuisé toute
l’énergie utilisable – la 'mort thermique' de l’univers.
Par exemple, tous les atomes radioactifs se seraient désintégrés,
la température serait la même dans toutes les parties
de l’univers et aucun autre travail ne serait possible. Par
conséquent, la corrollaire évidente est que l’univers
commença dans un temps fini avec une grande quantité
d’énergie utilisable et qu’à présent
il est en déclin.
Supposons maintenant que la personne qui pose la question accepte
que l’univers a eu un commencement, mais pas qu’il exige
une cause ? Mais cela va de soi que tout ce qui a un commencement
a une cause – personne ne le nie vraiment au fond de lui-même.
Toute la science et l’histoire s’effondreraient si on
niait cette loi de cause et effet. Il en serait ainsi du maintien
de l’ordre, si la police pensait qu’ils n’avaient
pas besoin de trouver une cause dans le cas d’un cadavre poignardé
ou d’une maison cambriolée. De même, l’univers
ne peut pas être sa propre cause, rien ne peut se créer
soi-même, car cela signifierait qu’il aurait existé
avant de naître, ce qui est une absurdité logique.
RÉSUMÉ
- On peut montrer que l’univers (y compris le temps) a eu
un commencement.
- Il n’est pas raisonnable de penser que quelque chose pourrait
commencer à exister sans cause.
- Par conséquent, l’univers nécessite une cause,
comme l’enseignent Genèse 1.1 et Romains 1.20.
- Dieu, en tant que Créateur du temps, est en dehors du
temps. Puisqu’Il n’a donc pas eu de commencement, Il
a toujours existé, par conséquent, Il n’a pas
besoin de cause.
OBJECTIONS
Il n’y a que deux façons de réfuter un argument
:
a. Montrer qu’il n’est pas logiquement valide
b. Monter qu’au moins une des prémisses est fausse.
a) L’argument est-il valide ?
Dans un argument valide, il est impossible que les prémisses
soient vraies et que la conclusion soit fausse. Remarquez que la
validité ne dépend pas de la vérité
des prémisses, mais de la forme de l’argument. L’argument
de cet article est valide ; il se présente sous la même
forme que : Toutes les baleines ont une épine dorsale ; Moby
Dick est une baleine : par conséquent Moby Dick a une épine
dorsale. Alors, le seul espoir du sceptique est de contester une
des prémisses ou les deux.
b) Les prémisses sont-elles vraies ?
1) L’univers a-t-il un commencement ?
Les idées d’un univers oscillant ont
été popularisées par des athées tels
que Carl Sagan et Isaac Azimov uniquement dans le but d’éviter
la notion d’un commencement, ce qui impliquerait un Créateur.
Comme nous l’avons montré ci-dessus, les principes de
la thermodynamique sapent cet argument. Même la notion d’un
univers oscillant ne parvient pas à surmonter la difficulté
posée par ces principes. Chaque cycle hypothétique
épuiserait de plus en plus l’énergie utilisable.
Ceci signifie que chaque cycle serait plus grand et plus long que
le précedent, et qu’une vue retrospective du temps indiquerait
des cycles de plus en plus petits. Ainsi, le modèle multicycle
pourrait avoir un futur infini, mais peut avoir seulement un passé
fini.2
De même, il existe maintes preuves indiquant
que la masse est bien trop insuffisante pour que la force gravitationelle
arrête l’expansion et qu’elle permette en premier
lieu l’existence de cycles, c’est-à-dire que l’univers
est ‘ouvert’. Selon les meilleures estimations, (même si l’on
admet les suppositions d’une terre agée), l’univers
ne possède seulement qu’environ la moitié de
la masse nécessaire à la récontraction. Ceci
inclut le total combiné de la matière lumineuse et
de la matière non-lumineuse (se rencontrant dans les halos
galactiques), ainsi que toute contribution possible de neutrinos
à la masse totale.3 De récentes preuves en faveur d’un
univers ‘ouvert’ proviennent du nombre de ‘lentilles gravitationelles’
qui courbent la lumière dans le ciel.4
De plus, l’analyse de supernovae du type Ia montrent que le
taux d’expansion de l’univers ne ralentit pas suffisamment
dans un univers fermé.5,6
Il semble qu’il n’y ait seulement que 40-80% de la matière
nécéssaire pour déclencher un ‘grand craquement’.
À propos, cette masse faible présente un problème
majeur pour la version ‘dilatée’ de la théorie du
‘big bang’ à la mode de nos jours, étant donné
que celle-ci prédit une densité de masse presqu’au
seuil de l’effondrement – en quelque sorte, un univers
‘plat’.
Finalement, aucun mécanisme connu ne permettrait
un retour en force à la suite d’un ‘grand craquement’
hypothétique.7 Selon l’explication du défunt
professeur Béatrice Tinsley de Yale, même si les mathématiques
déclarent que l’univers oscille, ‘Il n’existe
aucun mécanisme physique connu qui inverserait un grand craquement
catastrophique. Sortis des livres et dans le monde réel
de la physique, ces modèles commencent par le big bang, suivi
de l’expansion, de l’effondrement et puis c’est la
fin.8
2)Dénégation de cause et effet
Certains physiciens affirment que la mécanique quantique
ne respecte pas ce principle de cause et effet et peut produire
quelque chose à partir de rien. Par exemple, Paul Davies
écrit :
«… l’espace-temps pourrait émerger
à partir du néant en tant que résultat d’une
transition quantique … Des particules peuvent apparaître
de nulle part sans causalité spécifique …
Pourtant le monde de la mécanique quantique produit de
façon systématique quelque chose à partir de
rien.»9
Toutefois, ceci est une mauvaise application de la mécanique
quantique qui ne produit jamais quelque chose en partant de rien.
Davies lui-même admit à la page précédente
que ce scénario ‘ne devrait pas être trop pris au
sérieux’.
Les théories postulant que l’univers est une fluctuation
quantique doivent présupposer que quelque chose fluctuait
– leur 'vide quantique' est un grand potentiel de matière-antimatière
et non pas 'rien'. En plus, j’ai une grande expérience
théorique et pratique de la mécanique quantique (MQ)
acquises lors de mon travail sur ma thèse doctorale. Par
exemple, la spectroscopie Raman est un phénomène MQ,
mais d’après le nombre d’onde et l’intensité
des bandes spectrales, on peut calculer les masses des atomes et
les constantes de force des liens qui produisent les bandes. Si
l’on veut appuyer la position athée selon laquelle l’univers
naquit sans aucune cause, il faut trouver des bandes Raman émergeant
sans qu’elles soient causées par des transitions en
états de vibration quantiques, ou des particules alpha apparaissant
sans noyaux préexistants, etc. Si MQ était aussi dénuée
de cause que certaines personnes le pensent, nous ne devrions donc
pas supposer que ces phénomènes ont une cause. À
ce moment-là, il ne me reste plus qu’à brûler
ma thèse doctorale, tous les journaux de spectroscopie devraient
cesser d’être publiés, de même que les recherches
en physique nucléaire.
En outre, s’il n’existe aucune cause, on ne peut nullement
expliquer pourquoi cet univers particulier est apparu à
un moment spécifique, ni pourquoi ce fut un univers
qui émergea, plutôt que, disons, une banane ou un chat.
Cet univers ne peut pas posséder de propriétés
qui expliqueraient sa naissance préferentielle, car il ne
possèderait aucune propriété avant le
moment même de sa naissance.
La création divine est-elle rationelle ?
Comme dernière tactique désespérée
dans le but d’éviter une conclusion théiste,
les sceptiques soutiennent que la création temporelle est
incohérente. Davies signale correctement que puisque le temps
lui-même commença avec le commencement de l’univers,
parler de ce qui s’est passé ‘avant’ cela est dépourvu
de sens. Il soutient cependant que les causes doivent précéder
leurs effets. Par conséquent, si rien ne s’est passé
‘avant’ le commencement de l’univers, la discussion de la cause
du commencement de l’univers est donc, (selon Davies) dépourvue
de sens.
Toutefois, le philosophe et (érudit du
Nouveau Testament) William Lane Craig, a signalé dans une
critique utile de Davies,10
que ce dernier a des lacunes en connaissance philosophique. Les
philosophes ont depuis longtemps discuté la notion de causalité
simultanée. Emmanuel Kant (1724–1804) donna l’exemple
d’un poids reposant sur un coussin et simultanément
causant une dépression à la surface de celui-ci. Craig
déclare : ‘Le premier moment du temps est le moment de
l’acte créateur de Dieu et de la naissance simultanée
de la création’.
Quelques sceptiques prétendent que toute cette analyse est
provisoire, car, disent-ils : 'tel est le propre de la science et
qu’on ne peut pas s’en servir pour prouver la création
par Dieu'. Bien entendu, les sceptiques ne peuvent pas tout avoir
: dire que la Bible se trompe parce ce que la science l’a prouvé,
mais si la science semble être en accord avec la Bible, à
ce moment-là, la science est provisoire de toute façon.
LECTURE SUPPLÉMENTAIRE
Les ouvrages suivants présentent davantage d’information.
Malheureusement, ils se rapprochent trop de la théorie non-biblique
du ‘big bang’ avec ses milliards d’années de
mort, de souffrance et de maladie avant le péché d’Adam.
En revanche, les arguments présentés ci-dessus correspondent
parfaitement à une création récente de six
jours consécutifs normaux, comme l’enseigne les Écritures.
- Craig, W.L., Apologetics: An Introduction, Chicago : Moody,
1984.
- Craig, W.L. article en ligne, The Existence of God and the Beginning
of the Universe.
- Geisler, N.L, Christian Apologetics (Grand Rapids, Michigan
: Baker),1976.
NOTES
- En fait, en philosophie, le mot ‘cause’ possède
plusieurs sens. Mais dans cet article, je fais allusion à
la cause efficiente, l’agent principal qui cause la
création de quelque chose. Renvoi au texte.
- Novikov, I.D. and Zel’dovich, Ya. B. Physical
Processes Near Cosmological Singularities. Annual Review of Astronomy
and Astrophysics,1973, 11:401–2. Renvoi
au texte.
- Schramm, D.N. and Steigman, G. Relic Neutrinos
and the Density of the Universe. Astrophysical Journal, 1981,
243:1–7. Renvoi au texte.
- Watson, A. Clusters point to Never Ending Universe.
Science, 1997, 278(5342):1402. Renvoi au
texte.
- Perlmutter, S. et al. Découverte de
l’explosion d’une supernova à la moitié
de l’âge de l’univers. Nature 391 (6662):51.
Perspective by Branch, D. Destiny and destiny. Même numéro,1998,
pp. 23–24. Renvoi au texte.
- Glanz, J. New light on the fate of the universe. Science
278(5339):799–800. Renvoi au texte.
- Guth, A.H. and Sher, M. The Impossibility of
a Bouncing Universe. Nature, 1983, 302:505–507. Renvoi
au texte.
- Tinsley, B. From Big Bang to Eternity? Natural
History Magazine. Octobre 1975, pp. 102-5. Cité dans Craig,
W.L. Apologetics: An Introduction, (Chicago: Moody,1984),
p.61. Renvoi au texte.
- Davies, P.. God and the New Physics,
Simon & Schuster, 1983, p. 215. Renvoi au texte.
- Craig, W.L.. God, Creation and Mr Davies.
Brit. J. Phil. Sci.,1986, 37:163–175. Renvoi
au texte.
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